Écrit par Sense Reporter

OK, le nom sonne bien, mais que se cache-t-il derrière ce buzzword ? Beaucoup d’idées reçues, des concepts fourre-tout, et pas forcément beaucoup de connaissances !

La « Cleantech Initiative » vous invite à bannir les idées reçues et à en découvrir plus sur ces fameuses CleanTech !

Les CleanTech sont les technologies, les produits et les services qui nous permettent de réduire les impacts environnementaux négatifs liés aux activités humaines, grâce à:

    • une combinaison de processus moins énergivore
    • une utilisation parcimonieuse des ressources
    • une préservation de l’environnement.

Tu culpabilises quand tu prends ta voiture tout(e) seul(e) pour 5 kilomètres alors que, honnêtement, il existe pléthores d’autres alternatives ?

Tu finis par jeter les vieilles fringues que tu entasses depuis 5 ans dans ton placard parce que tu ne sais pas comment leur donner une deuxième vie?

T’en as marre de voir des bouts de plastique flotter dans l’océan alors que tu rêvais d’eau turquoise sur plage de sable fin ?

La tomate que tu achètes en supermarché a voyagé des milliers de kilomètres pour arriver dans ton assiette et n’a aucun goût ?

Tu n’es pas le seul à penser ça : les CleanTech sont là pour nous aider !


#1 La voiture électrique offre trop peu d’autonomie pour qu’on puisse l’envisager

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A l’heure où les voitures sont responsables d’environ 27% des émissions de CO2 dans le monde, la question de la « greenification » des transports se pose naturellement. Alors qu’attendons-nous pour conduire des voitures électriques et réduire ainsi de manière déterminante notre empreinte carbone? Souvent, l’autonomie des voitures électriques représente un frein dans l’esprit des consommateurs. Les modèles actuels de voitures citadines ont une autonomie d’au moins 150 kilomètres. Combien d’automobilistes aujourd’hui parcourent cette distance lors de déplacements quotidiens? 77% des français (82% des Européens) parcourent moins de 100 km par jour, et les technologies de recharge rapide comme le superchargeur Tesla permet de récupérer jusqu’à 270 km d’autonomie en 30 minutes.

L’autonomie s’améliore de jour en jour, avec des modèles récents comme l’Opel Ampera-e ou la Tesla Model X / S qui offrent respectivement une autonomie de 500 km et de 542 kilomètres.

Les géants de l’automobile investissent massivement en R&D pour être à la pointe et offrir des modèles toujours plus performants. L’usine de batteries lithium-ion de Tesla par exemple, la Gigafactory, devrait permettre au constructeur de subvenir aux besoins de batteries requis par une production annuelle cible de 500,000 véhicules. Selon son fondateur et dirigeant Elon Musk, 100 Gigafactories subviendraient à la consommation mondiale d’électricité. Dans des conditions optimales, les voitures électriques auront une autonomie de 1000 kilomètres à horizon 2020.

Cependant, considérant l’empreinte carbone élevée liée à la production des batteries lithium-ion et la question de leur recyclage, il est indispensable de continuer à explorer d’autres types de carburants et moteurs, parmi lesquels figurent la pile à combustible hydrogène, qui utilise l’hydrogène comme carburant et produit de l’électricité, mais également le graphène, matériaux dont les propriétés sont plus que prometteuses, ou encore des aluminium-graphite batteries ou batteries bio électrochimiques.

A suivre de près !

#2 Les lampes LED n’éclairent rien et créent une lumière blafarde, désolé mais rien de mieux qu’une bonne vieille ampoule halogène.

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Vous imaginez que les LEDs produisent une horrible lumière, celle que vous trouvez dans les hôpitaux ou dans les toilettes d’aéroport ? Eh bien c’est faux.

Les LEDs, Light-Emitting Diodes pour les intimes, sont en fait capables d’imiter la lumière naturelle (si bien que la photosynthèse peut être possible grâce à l’éclairage LED !), et de produire une lumière chaude.

La lumière a différentes températures de couleurs, exprimée en kelvins (k). A vous de choisir la couleur la plus adaptée à l’ambiance souhaitée !

En plus de consommer moins que les ampoules traditionnelles pour un éclairage équivalent, les lampes LED ont une durée de vie 5 à 10 fois supérieure.   

La start-up française Lucibel a bien compris les bienfaits de la technologie LED et l’utilise même comme vecteur de communication: le LiFi (Light Fidelity) est une technologie de communication par la lumière LED modulée qui permet un échange de données entre un luminaire LED spécifique et un ordinateur, rendant ainsi possible l’accès à Internet!

#3 Le bio, c’est un luxe pour consommateurs de pays développés 

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Le bio c’est bon, c’est dans l’air du temps, pour une faible partie de la population mondiale, qui a les moyens de se le payer. Est-ce un luxe dont la mère de famille parisienne raffole? Ou l’agriculture bio a-t-elle vocation à être l’agriculture de demain adoptée dans toutes les régions du monde?

L’agriculture biologique, c’est un mode de production qui a recours à des pratiques culturales et d’élevage respectueuses des équilibres naturels. Elle bannit donc l’usage d’OGM, de produits chimiques de synthèse et limite l’emploi d’intrants. Elle favorise aussi les innovations écologiques modernes.

C’est bien beau tout ça, mais quel est le rendement productif du bio comparé à l’agriculture traditionnelle ?

Il n’est pas très loin derrière : d’après de nombreuses études, son rendement est seulement 20% inférieur en moyenne. Le différentiel avoisine 8%-9% lorsque les exploitations ont recours à des cultures associées (plusieurs plantes sur la même parcelle), qui permettent aussi de maintenir la richesse organique des sols et pérennisent ainsi l’agriculture.

En fait, ce n’est pas vraiment la question, puisqu’il est important de réfléchir au long terme. La transition vers le bio est une nécessité, compte-tenu de ses externalités positives !

Nos trois défis :

1/ l’innovation technique pour améliorer les rendements, d’où le rôle majeur des cleantech

2/ la réduction du gaspillage (aujourd’hui, un tiers de la production mondiale destinée à la consommation est perdue)

3/ la préservation de nos sols et nos écosystèmes. Tout un programme !

#4 Il n’y a pas d’alternatives viables aux sacs plastiques, la seule solution est de les bannir

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Beaucoup de start-ups se concentrent sur la problématique des sacs plastiques, objet mine de rien toujours utile lorsque tu attends à la caisse du supermarché chargé(e) comme une mule et que tu as encore oublié ton sac.

Sauf que, comme chacun sait, ces fameux sacs mettent des années à se décomposer, et polluent nos terres, rivières et océans. Dans le monde 160 000 sacs sont utilisés par seconde et seulement 1% est recyclé.

Que faire ? Certaines initiatives s’attaquent au recyclage, comme Plastic Odyssey, d’autres inventent de nouveaux produits qui révolutionnent le marché du plastique.

Avani, par exemple, commercialise un sac fabriqué à base de manioc, qui se dissout complètement dans l’eau en quelques secondes. Vous pouvez même le boire si l’envie vous prend!

#5 Acheter des vêtements recyclés ? Merci-mais-non-merci, pas envie qu’ils tombent en lambeau au bout de trois mois.

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L’industrie du textile est la seconde industrie la plus polluante au monde, après celle du pétrole. Plus de 70 millions d’arbres par an sont abattus et utilisés pour produire du tissu.

Pas si trendy… Beaucoup de fashionistas et de marques dans le milieu le réalisent et se mettent à créer des gammes ou des marques de vêtements recyclés.

Mieux consommer devient un outil de différenciation important pour des marques comme H&M, Levi’s ou Patagonia, ainsi que de vraies opportunités business pour des start-ups comme Hopaal, Reformation, ou Fabscrap. De nouvelles technologies et processus de recyclage apparaissent et réinventent les manières de produire grâce à des matériaux recyclés.

Il y en a pour tous les styles et vous ne noterez même pas la différence. Testé et approuvé.

#6 Je ne fais pas pousser des légumes puisque j’habite en ville ! Et des fruits et légumes élevés au monoxyde de carbone et aux particules fines ? Très peu pour moi !

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Cher citadin, sache que même si tu as l’impression que ta connexion avec la nature est proche du néant ces jours-ci, tu peux y remédier !

L’exode rural, fameux concept largement rabâché au collège, entraîne une concentration de la population dans les villes et des zones agricoles toujours plus éloignées. En 2050, on sera 9 milliards d’habitants sur notre chère planète, dont 75% dans les villes. L’acheminement est polluant, coûteux et nuit à la fluidité de la circulation. Alors pourquoi ne pas produire en ville ?

Si l’agriculture urbaine était mise en place dans les villes du monde entier, elle permettrait de produire 10% de la production mondiale de légumes, racines et tubercules.

L’agriculture urbaine, c’est le créneau de Laurus à Buenos Aires, ou encore d’Urban Farmers  aux Pays Bas ! Du kale sur ton propre toit, que rêver de mieux ?

#7 Il n’y a pas de solutions efficaces pour lutter contre la pollution de l’air ! A nous les masques anti-pollution et le sport indoor.

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La pollution est responsable de 9% de la mortalité en France, 10 fois plus que les accidents de la route. Au-delà des mesures de limitation de la circulation en ville, qui ne plaisent pas à tous les citadins (et c’est un euphémisme), il est urgent de trouver des solutions durables !

Quel est le rôle des cleantech là dedans ? Inventer des solutions visant à réduire cette pollution atmosphérique. Dans cette démarche, le Studio Roosegaarde développe une « Smog Free Tower », une tour d’aluminium de 7 mètres qui permet d’aspirer les nuages de pollution, purifiant 30.000 m3 par heure pour une consommation d’électricité limitée.

Des chercheurs chinois ont également développé les plus grands purificateurs d’air du monde qui sont toujours au stade d’expérimentation mais qui se veulent très efficaces !  

Le port du masque anti-pollution ne deviendrait idéalement qu’un mauvais souvenir et un accessoire vestimentaire fantaisiste (checkez Wair si vous souhaitez faire le pas)!

#8 Le solaire n’est pas rentable, installer une centrale solaire sans recevoir de subventions de l’Etat ? Ca ne marchera jamais !

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A la rigueur, cette idée aurait pu tenir la route il y a quelques années. Aujourd’hui, tu peux l’oublier ! Nous sommes plus proches que jamais de la parité réseau.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Que lorsque le prix de production de l’électricité photovoltaïque est égal ou inférieur au prix de vente de l’électricité conventionnelle, on n’a plus besoin de subventions.

Grâce à la baisse continue du prix de la production solaire (baisse moyenne de 72% du prix du megawattheure depuis 2009), la parité réseau a été atteinte dans environ 80% du monde (Japon, Allemagne, Chili, Mexique, France, UK ..) et devrait être atteinte très prochainement dans le reste du monde.

C’est une très bonne nouvelle car atteindre la parité réseau permet la réduction du risque politique, parfois frein dans le développement de l’énergie solaire.

Malgré les progrès techniques récents, la technologie photovoltaïque présente toujours quelques limites.

Le solaire, toutefois, représente l’un des meilleurs moyens d’atteindre nos objectifs écologiques et sociaux, et séduit de plus en plus d’investisseurs de par le monde.

#9 Réduire ma consommation d’eau est une action marginale qui n’a aucun impact sur les zones touchées par la sécheresse.

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La consommation d’eau est principalement due aux processus industriels liés à la production de biens, une consommation indirecte et donc invisible, et qui ne connaît pas de frontières. Si cette utilisation « cachée » requiert des pratiques de consommation réfléchies et étudiées, de nombreuses solutions permettent de réduire sa consommation directe de manière significative.

Pour notre consommation directe, des technologies propres sont inventées pour réduire ou optimiser notre consommation d’eau. Pulse Eco Shower par exemple révolutionne le pommeau de douche avec 60% d’économie d’eau tout en gardant la même pression (très important !).

Souvent on a l’impression, dans les pays développés, que notre impact n’est pas si significatif puisque nous ne voyons aucun changement dans notre vie de tous les jours.

Mais rappelons-nous que ce sont ces zones où l’eau est rare qui produisent une grande partie des biens consommés dans les pays développés. La façon dont nous consommons pressurise les ressources en eau des pays exportateurs.

Si tu as 2 minutes (6 en fait), regardes cette vidéo de l’UNESCO qui explique très bien comment l’eau est utilisée et le concept de « water footprint ».

En résumé : même si l’effet n’est pas visible et indirect, un effort de consommation (en eau, en viande, en textile, tout ce que tu veux), aura définitivement un impact. 2,7 milliards de personnes subissent au moins un mois de sécheresse par an.

Si chacun s’y met, nous parviendrons à changer la donne !

#10 « Trash picking » is not fun?

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Des Tokyoïte (et oui on dit Tokyoïte) ont inventé le premier réseau social anti-déchets, avec leur appli Pirika. En gros,tu ramasses un déchet, tu le prends en photo, et tu gagnes des points !

Toutes les méthodes sont bonnes pour s’amuser ! Et surtout pour sauver la planète.

Pirika cherche à collecter les déchets en ville, tandis que d’autres projets visent à réduire les déchets en mer, comme Ocean Clean-up.

La collecte des déchets se fera de façon plus connectée dans le futur: R3D3, par exemple, est un robot de tri intelligent et connecté inventé par Green Creative.

Encore un chantier conséquent dans lequel les cleantechs ont un rôle à jouer !


Suivez la Cleantech Initiative pour en savoir plus sur ces sujets !

Rejoignez la mobilisation Energies for Climate de MakeSense