Écrit par Sense Reporter

Quand on pense “accueil des migrants”, un réflexe naturel est de se mettre dans une posture d’”aidant”. Quand ils arrivent dans leur pays d’accueil, les réfugiés sont souvent effectivement démunis et ont besoin d’être accompagnés pour trouver un toit, de la chaleur et de la nourriture, les démarches administratives, apprendre la langue… Mais les réfugiés sont avant tout des citoyens dotés de multiples talents et compétences qu’il peuvent transmettre aux habitants de leur terre d’accueil.

Et si se mettre dans la peau d’une personne qui a besoin d’être aidée était le meilleur moyen de casser les stéréotypes ? Et si on apprenait la danse iranienne, la cuisine érythréenne, la langue arabe ? makesense a recensé 8 initiatives qui montrent que le partage de culture et de savoir permet de faciliter l’inclusion des exilés dans la société en créant un environnement positif.

“”What can I learn from you. What can you learn from me.” is the affirmation that there is something to share, which goes beyond all differences, beyond all particularities.”
Thomas Hirshhorn

#1 NaTakallam “Learn a language, Change a life”

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En pleine crise des réfugiés en 2014, le permis de travail au Liban est difficilement accessible pour les réfugiés syriens. L’idée d’Aline Sara, qui a fondé NaTakallamen, c’est alors de connecter les besoins d’apprentissage de l’arabe conversationnel aux besoins de revenus des réfugiés. Depuis son lancement en 2015, NaTakallam a réuni près de 100 enseignants réfugiés, 1800 élèves, 65 pays à travers 18000 heures de cours. Rien que ça. 

Pour les désireux de tchatter en arabe !

#2 Causons

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Abraço Cultural, c’est l’asso brésilienne qui place le réfugié dans la position d’enseignant et le citoyen de la terre d’accueil dans la position d’apprenant. Hélène Ramajo, présidente de l’association Causons, découvre le projet lors d’un séjour au Brésil, le trouve génial et décide de créer un service similaire en France. En septembre 2017, Causons initie des cours d’arabe littéraire, via une méthode d’enseignement basée sur l’échange. L’idée initiale, apprendre une langue et générer des revenus aux réfugiés. L’objectif, briser les préjugés culturels et les barrières et promouvoir l’échange d’expériences.

Pour les bavards !

#3 Finkela

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L’incubateur Finkela aide au développement de projets ayant pour objectif de déployer le potentiel de l’économie de l’asile. Depuis 2016, Finkela a accompagné trois promotions de 36 entrepreneurs, réfugiés et non réfugiés, durant une période de six mois. Parmi les anciens incubés, trois personnalités aux parcours variés: Haytham, poète-rappeur syrien, Thibaut, ancien chanteur d’Opéra et Romain, rappeur et compositeur français. Thibaut et Romain lancent le pôle musique de Singa en octobre 2015 lorsqu’ils rencontrent Haytham. Avec l’aide de Finkela, ils ont créé ensemble trois projets: The AFM, un groupe de rap en 3 langues; The AFM Team-Building pour les entreprises et ESPI FAMILY, une association qui a pour vocation de créer du lien entre les cultures grâce à la musique.

Pour les disruptifs !

#4 La Fabrique nomade “Je suis réfugié artisan d’art”

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Au-delà des frontières, le savoir-faire artisanal s’exprime autour d’un dénominateur commun, le langage des mains. La Fabrique nomade valorise les compétences artisanales des réfugiés par la transmission des savoir-faire lors d’ateliers de couture, de bois, de poterie et de stuc marbre proposés au public, et par la fabrication de mobiliers et d’objets destinés à la vente.

Pour les artisans en devenir !

#5 Refugee Food Festival

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Cuisiner pour réussir son intégration sociale et professionnelle, c’est le pari (pas du tout) fou des organisateurs du Refugee Food Festival. Le concept ? Ouvrir les portes de sa cuisine à un chef réfugié, enrichir sa carte, trouver de nouvelles saveurs… et pourquoi pas de nouveaux partenaires ! Plus de 90 chefs réfugiés ont investi les cuisines de 100 restaurants européens lors de l’édition 2017 (Prochaine édition en juin 2018). L’équipe organisatrice du Refugee Food Festival a également ouvert en 2018 La Résidence, 1er restaurant et lieu de formation permanent dédié aux chefs réfugiés, en plein coeur de Ground Control. Tour du monde des papilles garanti !

Pour les fins gourmets et les gros gourmands !

#6 L’atelier des artistes en exil

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Structure unique en France inaugurée en septembre 2017, l’atelier des artistes en exil réunit aujourd’hui plus de 150 artistes originaires de 25 pays différents. Sa mission : accompagner les artistes et leur permettre de s’exprimer sur la scène culturelle française, dans les domaines du cinéma, de la musique, du théâtre, de la danse, de la littérature, de l’architecture et des arts plastiques. Jusqu’au 15 juin, l’atelier des artistes en exil organise “Les vitrines de l’atelier des artistes en exil”, une occasion de découvrir l’exposition grâce à deux artistes et un membre de l’équipe.

Pour les artistes refoulés !

#7 Seventeen Muscles “Réfugié, ça vous évoque quoi?”

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“Malheur” – “Guerre” – “Famine” – “Misère” – “Détresse” – “Bateaux qui coulent” – “Nage” – “Tristesse” sont les réponses à la question “Réfugié, ça vous évoque quoi?” posée lors du micro-trottoir réalisé par le collectif citoyen parisien Seventeen Muscles en novembre 2017. Seventeen Muscles se lance depuis dans un projet de websérie, co-construit entre réfugiés et non réfugiés, afin de changer le regard sur les personnes réfugiées grâce au pouvoir universel de la culture: 6 épisodes autour de 6 univers culturels transmettant de nouvelles images, inspirantes et positives des réfugiés.

Pour les créateurs et créatifs !

#8 Singa

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Un buddy, c’est qui? Un binôme entre personnes réfugiées et habitants de la terre d’accueil.
Un buddy, c’est quoi? Une rencontre surprenante autour d’un intérêt commun.
Un buddy, pourquoi? Découvrir, partager, s’enrichir,…
Un buddy, c’est quand? Quand tu veux, à partir d’une soirée Singa Blabla par exemple.

Pour les chercheurs de l’âme soeur !

“”What can I learn from you. What can you learn from me.” is the affirmation that there is something to share, which goes beyond all differences, beyond all particularities. I want to understand learning as sharing. Sharing something with the other is an act of generosity because what is shared allows the Other to learn. What is learned is something I did not expect to learn, I did not need to learn, I did not want to learn. I learned it because somebody made the gesture of sharing it to me. She/he taught me something because her/his competence. She/he didn’t teach me because it was important to me, but because it was important for her or for him. Therefore, it can, also, become important to me”

Si t’es arrivé au bout (ouais, on y croit!), tu t’es sans doute rendu compte qu’il y avait un petit côté de Thomas Hirshhorn en nous tous, ou un petit côté de nous tous en Thomas Hirshhorn. Quelque chose à exploiter…


  A propos de l’auteur 

Perrine aime lire dans un café douillet, les soirées improvisées, l’Alfama, les petits-dej au lit et l’odeur du petit marseillais à la framboise. Elle n’aime pas le pessimisme, les râleurs, les opinions toutes faites, et perdre un match de volley. Elle aspire à un monde où l’éducation, la connaissance et l’information seraient accessibles à tous et rêve d’un tour de l’Amérique latine à la recherche d’initiatives locales sur l’éducation.


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