Écrit par Sense Reporter

L’aviation d’affaires est un domaine souvent méconnu du grand public. Et pour cause, ce sont majoritairement des grands dirigeants qui l’utilisent pour gagner du temps lors de leurs déplacements. Dans un tel contexte, pourquoi ne pas reconnecter ces privilégiés au monde qu’ils survolent en mêlant l’utile et l’agréable au solidaire. C’est l’idée qu’a eu Sébastien Dequenne, ingénieur en aéronautique, lorsqu’il a lancé Jet Solidaire.

Sébastien a eu ce parcours atypique que peu de personnes ont en côtoyant les deux extrêmes : louer des jets privés à de grandes têtes du CAC 40, et s’investir dans des projets humanitaires via différentes associations qui luttent pour les plus démunis. Seulement, ces deux projets de vie n’avaient de sens à ses yeux que réunis. C’est pourquoi, en mars 2015, est né Jet Solidaire.

« Attacher autant d’importance à vouloir offrir l’excellence aux premiers et à aider les seconds n’est pas contradictoire à partir du moment où les deux actions sont réunies. »

Concrètement, cela consiste à reverser 25% des bénéfices de l’entreprise que constitue Jet Solidaire pour aider des associations qui luttent contre la pauvreté et l’exclusion. Pour se faire, l’entreprise sociale loue des jets privé à ses clients et les encourage à faire des dons lors de leurs voyages. Deux principaux types de dons sont possibles : la compensation solidaire volontaire (qui aide les associations oeuvrant pour les plus pauvres) et la compensation carbone volontaire (qui finance des projets permettant de combler le carbone émis durant le voyage).

La vidéo de présentation de Jet Solidaire réalisée pour le concours de la Fabrique Aviva où Jet Solidaire a terminé 63e sur 1053 projets à l’issue des votes des internautes :

Depuis son lancement, l’entreprise a déjà posé plus de 4500 euros de dons pour les plus pauvres, compensé 94 tonnes équivalent CO2 et établi des partenariats avec la Fondation Caritas France et la Fondation GoodPlanet.

« La cause qui me tient le plus à coeur c’est la problématique des personnes de la rue, de par mon vécu et leur contact constant à Paris. »

Cependant, le challenge que rencontre aujourd’hui Jet Solidaire consiste à inciter plus de dons allant à la rencontre des besoins de plus démunis. Car si l’idée enthousiasme les personnes du quotidien au premier abord, les PDG qui louent des jets hésitent encore à choisir la compensation solidaire volontaire et préfèrent (pour le moment) se limiter à un engagement ponctuel pour la planète. Selon Sébastien, il reste donc à peaufiner le packaging, mais les signes positifs sont déjà là.

Quelle vision pour l’avenir ? Selon Sébastien, Jet Solidaire en 2025, c’est une présence dans 15 pays avec une démarche reconnue et intégrée dans les consciences, à savoir : « j’ai accès à un moyen de transport privilégié pour voyager, c’est normal que j’en fasse bénéficier les plus démunis et la planète. »

« Notre monde est un grand point d’interrogation pour le moment. Si Jet Solidaire loue des centaines de jets mais sans apport solidaire, ce sera un échec… »

Le moment le plus touchant de l’aventure ? Ce PDG débarquant au Bourget réellement heureux de découvrir que son assistante lui a réservé un vol avec une entreprise socialement et écologiquement solidaire. Comme quoi, on peut voler dans les airs et garder les pieds sur terre.

Sébastien Dequenne Jet Solidaire

Sébastien Dequenne de Jet Solidaire