Écrit par Aurore Le Bihan

Le bilan des ouragans Irma et José, et maintenant Maria semble tout droit sorti d’un film catastrophe dystopique : 95% de Saint Martin dévasté, Cuba sous les eaux, un état entier des Etats-Unis évacué…

Si les ouragans ne sont pas plus fréquents qu’avant, les spécialistes s’accordent pour dire qu’ils sont plus intenses que leurs prédécesseurs, causant chaque fois plus de dégâts humains et matériels. D’ici à dire que c’est une conséquence directe de l’action humaine sur son environnement, il n’y a qu’un pas que nous franchissons sans hésiter.

Dans les premiers jours suivant la catastrophe les ONG sont en première ligne pour répondre de manière pertinente à des défis engageant des vies humaines. Les besoins les plus urgents, soigner, boire, manger, communiquer, s’abriter doivent être pris en charge le plus vite possible. Des défis qu’associations et entreprises sociales peuvent aider à relever grâce à des solutions innovantes.

 

Un ballon Zéphyr Solar dans un camp d’urgence (simulation)

Un ballon photovoltaïque pour aider l’action des ONG ?

« Les start-up sociales ont leur rôle à jouer dans l’éco-système de l’urgence en apportant la flexibilité liée à leur petite structure » affirme Julie Dautel, associée de la start-up Zéphyr Solar qui a développé un ballon photovoltaïque produisant suffisamment d’énergie pour alimenter rapidement un hôpital de fortune et un réseau de télécommunication embarqué. Le premier prototype de ballon solaire produit 500 kW, l’objectif de la start-up est de développer des versions de 1 à 10 kW. Une alternative écologique et facile à mettre en place comparée aux groupes électrogènes qui s’avèrent à la fois polluants et gourmands en essence.

D’autres acteurs tentent d’apporter de nouvelles pistes pour aider les ONG dans leur action : la start-up Unquake.me basée en Equateur déploie un système qui n’a pas besoin d’électricité pour aider les personnes en zone sinistrée à collecter des informations essentielles sur leurs besoins en eau, en médicaments, en électricité, mais également signaler des personnes disparues. Ce système, en facilitant les échanges d’information permet d’aider les secouristes à prioriser leurs tâches.

L’outil Open Street Map s’appuie sur une communauté qui cartographie en ligne de manière précise les stigmates d’une catastrophe pour faciliter le travail des associations sur le terrain afin qu’elles puissent secourir les victimes plus efficacement. Le HAND (Hacker Against Natural Disaster) a également débloqué 30 000 euros de radios longues portées, ou de drones pour faciliter la communication sur le terrain.

Un éco-système complexe

« Il est complexe de s’insérer dans l’éco-système de « l’urgence » affirme Julie de Zéphyr Solar. En effet, l’activité des ONGs est subie : il va de soi qu’on ne choisit pas quand va surgir le prochain « Maria » et chaque catastrophe présente des spécificités non-anticipées par les acteurs qui n’ont que très peu de temps pour réagir.

D’autre part, les poches d’investissement des bailleurs de fond qui financent l’urgence (période d’une à deux semaines après la catastrophe) ne sont pas les mêmes que celles en post-urgence (temporalité de 2 à trois mois après la catastrophe), avec des objectifs qui peuvent se contredire.

Si les ONG disposent d’une connaissance terrain approfondie et disposent déjà de multiples leviers en interne, notamment des départements de R&D, certaines start-up innovantes proposent des solutions alternatives intéressantes.

Et sur le long terme ?

Quand les situations d’urgence, qu’elles soient naturelles ou liées à des conflits, se pérennisent, d’autres solutions peuvent entrer en jeu. Par exemple, le camp de réfugiés à Azraq est le tout premier camp entièrement alimenté à 100% en énergie renouvelable. On peut également citer l’initiative Refugee Infobus, un bus embarquant un émetteur de wifi pour permettre aux réfugiés dans des camps enclavés de communiquer avec leurs proches.

Source : Le Monde, AFP, UNHCR, We Demain

 

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